Coronavirus : options potentielles pour les investisseurs

 

Jurrien Timmer | directeur principal, Macroéconomie mondiale

Cet article est une adaptation d’une webémission mettant en vedette Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, et portant sur la récente volatilité des marchés liée au coronavirus.

Quels sont les risques éventuels d’une récession?

Le mot « récession » pourrait revenir souvent dans les prochaines semaines, mais je pense qu’il s’agira davantage d’une récession technique. À mesure que la demande faiblit parce que les gens restent chez eux ou cessent de voyager, nous pourrions connaître un ou deux trimestres de croissance négative.

Les investisseurs ont cependant tendance à faire des extrapolations à partir de ce qu’ils ont vécu dans le passé. Ainsi, lorsqu’on entend parler de « récession », cela nous rappelle la crise financière. C’est particulièrement vrai pour les jeunes investisseurs qui n’ont connu que deux récessions au cours des 20 dernières années, soit en 2001-2002 et en 2008. Les deux récessions ont mené à des rendements négatifs, ce qui correspond à un marché baissier, mais il s’agissait de périodes très exceptionnelles.

Lorsqu’une récession technique se produit, il n’y a pas lieu de paniquer puisque le marché peut se rajuster – comme il a déjà commencé à le faire – et surmonter cette période de repli. En 2016, par exemple, il n’y a pas eu de récession, malgré la diminution des bénéfices et la contraction du commerce mondial. Or, il serait sans doute plus approprié de comparer la situation actuelle avec cette période qu’avec la crise financière de 2008.

Dans une récession ordinaire, les sociétés passent par un cycle des stocks :

  1. Elles construisent trop d’immobilisations.
  2. Elles se retrouvent ensuite avec un surplus de stocks à vendre.
  3. Elles n’arrivent pas à écouler tous leurs stocks parce que la demande faiblit, souvent en raison des politiques trop restrictives de la Réserve fédérale ou de la banque centrale.
  4. Puis, elles procèdent à des mises à pied parce que les stocks restent sur les tablettes en attendant d’être vendus.

L’économie fonctionne différemment maintenant, en particulier aux États-Unis. Ce qui contribue vraiment à transformer une récession ordinaire en une crise financière, c’est un endettement excessif au sein du système financier, ce qu’on ne voit plus aujourd’hui.

Quels sont les avantages d’un portefeuille diversifié?

Si on prend un portefeuille équilibré composé à 60 % d’actions et à 40 % de titres à revenu fixe, son rendement pour les deux dernières années est toujours d’environ 10 %. Un portefeuille composé entièrement d’actions américaines afficherait des gains à peu près similaires sur deux ans. Si vous avez un portefeuille diversifié comprenant des actions et des obligations, vous n’avez pas grand-chose à faire en ce moment. Par contre, comme le taux des obligations à
10 ans aux États-Unis est d’environ 1,08 % et que l’indice S&P 500 a été un peu volatil récemment, pour les investisseurs dont le portefeuille est composé uniquement d’actions américaines, c’est l’occasion de le rééquilibrer en faisant plus de place aux obligations.

Y a-t-il moins de chances qu’un choc boursier se produise?

Le choc boursier s’est déjà produit. De l’avis général, investir sur le marché une fois que le rythme de propagation du coronavirus dans le monde aura culminé est jugé sécuritaire. En Chine, le rythme de propagation du virus a déjà plafonné il y a une ou deux semaines; le marché avait reculé d’environ 4 % et il a ensuite commencé à remonter. Puis, nous avons appris que le nombre de cas de coronavirus était en progression en Italie et en Corée du Sud, et le marché a dû se rajuster encore une fois. Nous surveillons maintenant l’évolution du virus dans d’autres pays ou les signes que le pic a été atteint. Il est encore trop tôt pour savoir à quel stade de l’épidémie nous sommes rendus, et nous attendons toujours de voir comment les choses vont évoluer. Peu importe à quel moment elles culminent, ces infections virales sont temporaires. Tôt ou tard, le retour de l’été et du temps chaud finira par nous tirer d’affaire.

Quel sera l’impact sur la croissance et les bénéfices?

Je suis de très près l’évolution des prévisions de bénéfices, puisqu’il faut s’attendre à un « trimestre fourre-tout ». Je pense en effet que les sociétés ont l’habitude de profiter des périodes de repli du marché comme celle-ci pour annoncer toutes leurs mauvaises nouvelles en même temps, si bien que les résultats du premier et du deuxième trimestres seront décevants, puis la situation devrait s’améliorer au troisième trimestre. Le marché pourrait adopter ce scénario de base, mais il sera intéressant de voir comment les bénéfices évolueront réellement.

Quel est le rôle de la banque centrale?

La Réserve fédérale (la Fed) a fait clairement savoir qu’elle n’avait pas l’intention d’abaisser les taux en territoire négatif. Je ne sais pas si le taux des fonds fédéraux de 1 %i escompté par le marché se matérialisera. Il pourrait y avoir d’autres injections de liquidités ou la Fed pourrait prolonger les rachats d’obligations du Trésor. Ce qui est sûr, c’est que la Fed est en mesure de fournir des liquidités, et elle pourrait coordonner ses interventions avec d’autres banques centrales afin de procéder à des swaps de devises si d’autres banques (p. ex., en Europe) sont à court de dollars. Je pense que la Fed est très à l’aise avec ses opérations du côté du bilan. Je pense aussi que tout le monde sait au fond que les taux négatifs ne fonctionnent pas, et la banque préférerait de loin injecter de nouvelles liquidités plutôt que réduire les taux. Si les taux sont abaissés, il faudra les augmenter par la suite, et les marchés réagissent mal à ces changements. À l’échelle mondiale, les banques centrales pourraient privilégier une politique de relance budgétaire plutôt que de stimulation monétaire.

Attentats du 11 septembre : meilleure comparaison avec les conditions actuelles du marché

Durant les attentats du 11 septembre, le marché boursier avait été fermé et il avait subi des pertes importantes dans un climat de grande incertitude. En 2001, les taux de rendement sur le marché avaient chuté à peu près dans la même proportion sur une période similaire. On avait observé une contraction du ratio C/B et une amélioration des conditions financières similaires. Les bénéfices avaient chuté, mais ils affichaient déjà une tendance baissière en raison de la bulle technologique. Après les attentats, le marché s’était redressé en quelques semaines, ce qui donne un peu d’espoir dans l’état actuel du marché.

Le marché des obligations de qualité et à rendement élevé

Dans l’ensemble du secteur, des volumes importants d’actifs ont été retirés des obligations à rendement élevé et du segment des prêts bancaires. À moins d’une récession ordinaire ou d’une crise financière, et peut-être d’une récession technique, je ne m’attends pas à un incident de crédit. Beaucoup d’émetteurs de titres à rendement élevé et de titres de qualité sont raisonnablement solvables.

Collaborer avec un conseiller en placements

Il est recommandé aux investisseurs de se doter d’un portefeuille diversifié, et c’est pourquoi ils ont avantage à collaborer avec un conseiller en placements. La pire chose à faire quand vous êtes tiraillé entre le désir de lutter ou de fuir est de finir par vendre lorsque les prix sont bas. Il est important de pouvoir parler à une personne calme et raisonnable, parce que surmonter les replis du marché exige du doigté.



i Taux d’intérêt auquel les institutions de dépôt prêtent leurs soldes de couverture à d’autres institutions de dépôt, au jour le jour – autour du taux cible fixé par le FOMC. Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, 31 octobre 2019.

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